Je ne sais pas si vous me considérez comme une personne très performante, mais je ne le serais certainement pas. J'ai pourtant atteint de nombreux objectifs que je m'étais fixés tout au long de ma vie professionnelle, malgré un parcours scolaire peu brillant. Mais à l'approche de la retraite, j'ai réalisé que je craignais de dépérir et de mourir si je ne trouvais rien à faire. J'ai donc continué à travailler au-delà de l'âge légal de la retraite, soit 60 ans. Puis, j'ai saisi l'opportunité de me lancer dans une activité totalement différente, un défi physique et mental. 

Je regrette de dire que mon mari, Richard, n'a pas vraiment été consulté dans ma prise de décision. Heureusement, il a approuvé la solution : accepter la proposition de sa sœur de vivre avec elle dans le sud de la France et l'aider à réaliser son rêve de créer un éco-village et un centre de formation.

En prévision de cela, j'ai participé à des ateliers et des formations sur des sujets qui m'intéressaient et qui étaient en lien avec la vie à la campagne. J'ai suivi des cours d'apiculture, de permaculture, d'élevage caprin et de jardinage biologique tout en travaillant. Je n'avais pas encore appris le français, et donc, lorsque nous avons déménagé en France, je ne le maîtrisais pas du tout. Je suis ravie d'avoir fait ce choix, car je me suis toujours sentie utile et appréciée, et j'ai énormément appris au contact des jeunes. 

Après neuf ans de travail sept jours sur sept dans une très grande et ancienne tannerie, à 73 ans, le labeur et les escaliers commençaient à nous peser. Nous avons donc décidé de déménager dans un bungalow, dans un autre village. C'était un nouveau défi, car je ne parlais toujours pas bien français, même si j'en comprenais quelques mots. À notre arrivée, nous avons constaté que nous étions les seuls anglophones du village et on nous a surnommés « les Anglais ». Pour faire des rencontres, nous avons décidé de rejoindre le club des retraités, comme nous l'avions fait à Montolieu. Malheureusement, il n'y en avait pas. La maire adjointe nous a proposé d'en créer un avec son aide, ce que nous avons accepté. Comme nous avions emmené nos poules, nous avions beaucoup d'œufs en surplus et j'ai pensé qu'offrir une petite boîte de quatre œufs à chacun de nos nouveaux voisins serait une bonne façon de faire connaissance. Ils ont été accueillis avec beaucoup d'enthousiasme. 

Après avoir obtenu l'accord d'une vingtaine de villageois lors d'une réunion à la mairie, nous avons créé une association appelée Les Seniors Leucois. Pour ce faire, j'ai dû accepter d'en être le président ! 

Pour en savoir plus sur nos aventures à la retraite, je vous invite à lire mon livre : *Change is Good* de Pat Romain, disponible sur Amazon. Français ou dans Anglais

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